Jour 1
La nuit n'avait pas effacé la promesse. Mira s'était engagé auprès d'Enko, et la promesse s'était brisée dans les ténèbres. Le silence pesait encore entre les peaux tendues quand le jour gris a blanchi les ajoncs.
Près des cendres tièdes, Lyra a détourné le front. Son regard a croisé celui de Nia, un éclair dur, rapide comme un vol de bécasse. Dagan avait choisi Lyra, et Nia ne l'oubliait pas. Mais Lyra, de son côté, n'avait pas desserré les mâchoires en voyant Orven se tourner vers Nia. Des choix s'étaient faits dans les ombres de la veille, nouant des fils invisibles et mauvais.
Près de la glaise, Orven massait sa joue. La veille, le poing de Dagan s'était abattu sur lui, un coup sec, sans autre raison que le nom de Lyra murmuré trop près. Orven regardait Dagan avec une haine plate. Dagan lui rendait un regard distrait, l'air de rien, tout entier tourné vers Lyra qui s'éloignait déjà vers les berges.
Mais autour d'eux, les yeux étaient craintifs. Lyra, en se courbant pour ramasser sa gaule, a jeté un œil en arrière vers Dagan. Nia faisait de même, les mains crispées sur son panier vide. Même le petit Tomm, assis sur ses talons, s'est collé contre Naïa en voyant les épaules larges du chasseur. Personne n'avait oublié le bruit sec du poing sur l'os.
— Le cerf est loin, le lac est plein, a dit Lyra sans regarder personne en ramassant son épieu. Je vais au poisson avant que le soleil ne monte.
Nia a levé le menton. Elle ne resterait pas là à attendre que le ventre crie.
— Je vais chercher de quoi manger, a-t-elle craché. On n'attend pas.
Elle a tourné les talons et s'est mise en route vers le nord. Quatorze pas de distance, pas plus. Tomm était là-bas, accroupi près d'un buisson de ronces. Nia marchait vite, le dos raide, pour le couvrir de sa propre ombre.
Naïa a posé une main lourde sur la terre battue.
— Il nous faut un abri pour tous, a-t-elle dit à la ronde. Et de quoi garder nos vivres. Il faut jeter des troncs sur la rivière, aller là où la terre est grasse. Personne ne reste ici.
Mira, les yeux rougis par une nuit sans sommeil, s'est approché de sa mère. Sa voix était basse, presque suppliante.
— Je vais trouver l'endroit pour le pont, mère. Et il nous faut des fosses pour les lapins et les bêtes plus grandes. Je n'oublie pas ce que j'ai dit.
Suli s'est dressé d'un seul bloc. Il avait les poings serrés contre ses cuisses, le menton en avant. Il ne regardait ni son père ni sa mère, mais l'espace vide devant lui, là où Nia marchait déjà. En lui, la pensée était un roc : *je vais leur montrer que je vaux les autres.*
— Je vais avec elle, a-t-il dit en fixant Naïa. Je vais trouver les champignons. Ça fera un repas, et ça nous aidera pour traverser l'eau.
Naïa a acquiescé d'un signe de menton, l'esprit déjà pris par les branchages et la glaise. Suli a répété les mots, encore une fois, comme pour ancrer le fer dans sa tête, puis il s'est élancé sur les traces de Nia, laissant derrière lui le clan divisé par les coups et les regards obliques.
Jour 2
L'aube n'avait pas encore effacé la suie des paupières que les silhouettes s'étaient cherchées à travers la brume. De l'autre côté de la pente, au loin, Mira et Orven s'étaient vus une fraction de seconde, sans un cri, séparés par les broussailles et la peur. Plus près, au milieu des peaux de bêtes et des tisons mourants, Naïa avait baissé les yeux vers le tout petit, Tomm, recroquevillé dans la cendre. Elle ne l'avait jamais regardé ainsi.
Le soleil était haut quand les têtes s'étaient levées ensemble, attirées par rien, par le vent peut-être. Au-dessus du feu de camp, la voix sans corps était tombée. Une seule phrase, lourde comme une pierre tombée du ciel, leur ordonnant de plier le genou devant leur créateur. Quatre paires d'oreilles l'avaient captée, quatre corps s'étaient figés, les muscles tendus sous la crasse. Suli tremblait, serrant contre sa poitrine un unique champignon qu'Enko venait de lui glisser dans la paume — geste rare, promesse tenue d'un bois fouillé à l'aube. Près d'eux, Nia évitait de croiser le regard de Lyra. La guérisseuse serrait les dents, les poings serrés, fulminant en silence en voyant Dagan poser les yeux sur la cadette. Orven, lui aussi, avait vu ce regard de Dagan pour Nia ; sa mâchoire s'était nouée d'une haine sourde, tout comme il haïssait ce même Dagan d'avoir été choisi par Lyra.
L'après-midi avait charrié d'autres murmures invisibles. La voix était revenue, insistant, grésillant dans les esprits comme de la graisse sur le feu : *Allo écoutez moi je suis votre créateur.* Puis, presque aussitôt, un cri d'alerte sans visage : les étrangers arrivaient, il fallait dresser les abris, sous peine de mort. Quatre têtes s'étaient tournées vers le vide, cherchant d'où venait le souffle.
Au crépuscule, la panique avait pris corps. Près des tentes des Sölk, Orven avait aperçu Mira s'approcher trop près. D'un geste brutal, les mains tendues, il l'avait repoussée hors du camp, l'envoyant rouler dans la poussière. Mira s'était redressée, les larmes aux yeux, furieuse contre ce frère qui la rejetait et contre ce petit Tomm qu'elle venait de chasser à son tour d'un geste sec.
La nuit était tombée, noire et épaisse. Une dernière fois, la voix avait lacéré l'obscurité au-dessus du grand foyer, ordonnant de bâtir la barricade. Et tandis que les mains commençaient à empiler les branchages dans la lueur rouge, une silhouette s'était jetée sur une autre dans les tisons, brisant le silence de la nuit par un coup sourd avant que le clan n'ait eu le temps de hurler.
Jour 3
La poussière retombait à peine sur les genoux de Suli que la main de Dagan s'était abattue sur son épaule, le jetant hors du cercle. Personne n'avait crié. Le jeune homme était resté un instant à terre, le front contre la terre battue, regardant ses doigts s'ouvrir et se fermer dans la cendre. Il avait juré, sans un bruit, de ne plus jamais plier.
Au-dessus du grand foyer, les flammes avaient craché des étincelles bleues avant de dessiner des formes que seuls quatre d'entre eux avaient vues. Une voix sans corps, descendue de nulle part et de partout à la fois, leur avait ordonné de couper le bois et de dresser des murs.
Enko s'était redressé, le premier, les mains encore noires de suie. Il avait regardé les visages pâles éclairés par les tisons.
— Une voix a parlé dans le feu, avait-il murmuré en tournant la tête vers les siens. Il faut bâtir la barricade. Obéir, même sans comprendre. Qui vient chercher les branches ?
Naïa tremblait. Elle serrait ses bras croisés contre sa poitrine comme pour s'empêcher de se briser. Elle n'avait jamais rien connu de tel, cette chose invisible qui lui labourait le crâne. Elle regardait ses enfants, les yeux grands ouverts, décidée désormais à ne plus quitter des yeux la moindre ombre autour du camp.
Près d'elle, Suli s'était approché de son père, les mâchoires serrées. Il avait répété les mots entendus dans les flammes, promettant de dresser le bois, de faire bouger ses mains pour que les siens soient en sécurité, pour percer enfin le secret de ce monde qui gronde. Mira, un peu plus loin, cherchait son regard, avide de savoir si d'autres avaient entendu le même souffle. Naïa l'avait saisie par le poignet, lui promettant de l'aider à comprendre, à la seule condition qu'elle ne s'éloigne plus jamais des autres.
Mais le jour qui s'était levé n'avait apporté aucune paix.
Près des abris des Sölk, le soleil dardait déjà ses premières lances glacées. Nia avait jeté un regard en biais vers Lyra, là-bas, près des pierres. Un regard lourd, plein de venin retenu. Dagan avait choisi la guérisseuse, et Nia n'oubliait pas. Lyra, sentant ce poids dans son dos, avait plissé les yeux avec mépris, rendant la haine pour haine.
Orven bouillonnait un peu plus loin. Il avait vu Dagan. Il avait vu Nia. Le chasseur prenait trop de place, il attirait les regards qu'Orven voulait pour lui seul.
Et au milieu de ce cercle de rancœurs silencieuses, une nouvelle lueur avait transpercé le ciel du milieu du jour. Une autre voix, immense, s'était posée au-dessus des tisons des Sölk : elle se disait leur créateur. Elle leur ordonnait d'ouvrir l'œil, car des étrangers rôdaient dans les broussailles, et il leur fallait partager leur viande avec ces fantômes venus des arbres.
Jour 4
L'aube n'avait pas encore lavé les cendres que le feu parlait déjà. Une voix sans corps, lourde comme la suie, était descendue sur les tisons pour cracher son venin aux oreilles de quatre d'entre eux. De l'autre côté de l'eau, là-bas, il y avait des ventres pleins. Mais ces gens-là ne céderaient rien. La voix avait grondé, un ordre net planté dans leur crâne : il fallait frapper le premier camp, fondre sur eux avant que la faim ne les achève ici, dans la boue.
Près des flammes qui crachaient leurs dernières étincelles, Mira s'était penchée vers Naïa, les yeux grands, demandant si elle aussi avait entendu le sang appeler le sang.
La pluie piquait le sol. Suli grelottait, la poitrine prise par un feu mauvais qui le faisait cracher. Mira l'avait tiré par le bras, suppliant le petit de fuir l'eau, de venir se mettre à l'abri avec elle, de ne pas rester seul dans ce froid qui le tuait. Mais Suli avait les yeux fixes. Il refusait de bouger. Il murmurait que la voix parlait encore, là, au milieu des braises. Puis, le dos voûté par la fièvre, il avait annoncé qu'il allait traverser, qu'il irait chercher du poisson en face, puisque l'estomac criait trop fort.
Lyra, le visage fermé, avait poussé Tomm du coude vers les buissons. Il fallait ramasser du bois, nourrir ce feu maudit avant qu'il ne s'éteigne pour de bon. Mais en tendant une lanière de poisson à Orven, un instant plus tôt, la guérissieuse n'avait croisé que des regards lourds.
Orven rongeait sa haine un peu plus loin. Il fixait Dagan. Le chasseur était là, trop sûr de ses épaules, trop visible. Nia regardait Dagan avec un pli amer sur la bouche, en voulant à Lyra parce que le chasseur tournait autour de l'autre femme. Et Orven en voulait à Dagan pour cela aussi — et plus encore parce que Nia avait choisi le chasseur et non lui.
Pourtant, au milieu de cette pelote de rancœurs, Orven portait une dette. Quand la bête avait bondi, Dagan s'était jeté en avant, s'interposant pour couvrir l'aîné de son propre corps. Orven serrait les dents, mâchant sa propre rage : il lui devait la vie, et cette pensée lui brûlait la gorge plus que la fumée. Il détourna les yeux, croisa ceux de Tomm qui lui tendait un peu d'eau et un autre morceau de poisson. Il avait accepté en silence, reconnaissant malgré lui envers le gamin, tout en sentant peser sur lui le regard oblique de Lyra.
Jour 5
La braise dernière s'éteignit sous le pied furieux de Dagan. Enko recula, sans un mot, les épaules voûtées. L'aîné regarda son père s'éloigner dans la nuit, les mains vides. Il entendit le grincement d'une peau tendue, le bruissement du vent dans les herbes hautes. Une pierre heurta le sol près de ses pieds : c'était Tomm, qui avait ramassé un caillou par réflexe, puis baissa les yeux.
Orven sentit ses poings se serrer. Il regarda Lyra, qui ne le quittait pas des yeux. Son regard portait une douleur qui n'avait rien à voir avec la blessure de son bras. Il tourna la tête vers Nia, assise près du feu, inconsciente des regards qui la brûlaient. Pourquoi ? Pourquoi toujours elle ?
Pendant ce temps, plus loin, une lueur apparut dans les ténèbres. Une nouvelle flamme, seule, étrangère au camp. Dagan avait posé son feu. Il ne voyait pas encore que cette lumière attirerait des regards curieux, des inconnus dont la voix parlait dans les ombres.
« Viens avec moi, » dit Naïa à Mira, la prenant par la main. « Je dois chercher du poisson vers l'eau. Reste près de moi. » La filie la suivit, les yeux grands ouverts sur le feu qui dansait. « Maman, pourquoi le feu a un visage ? » murmura-t-elle, la main sur son ventre vide. « Il a parlé à Suli, j'ai eu peur. » Naïa caressa les cheveux de sa fille. « Le feu nous protège, ma petite. Il garde les bêtes loin pendant qu'on dort. Il est un bon esprit qui nous aide. » Mira hocha la tête, encore confuse par cette créature chaude et vivante.
Tomm s'approcha du nouveau feu, son épieu serré. « Lyra peut aider si quelqu'un est mal, » dit-il avec assurance. « Je reste pour veiller. » Suli s'approcha de sa mère. « J'aide à construire le feu ? » proposa-t-il. « Ensemble, on le fortifie pour tout le monde. »
Lyron observa la scène, les yeux fixes sur le feu lointain. Elle ne savait pas encore que cette lumière attirerait des dangers. Plus loin, dans les ténèbres, Enko regardait la même flamme, le cœur lourd.
Jour 6
Tandis que le feu crépitait, Mira regardait les flammes dansantes. Il est un bon esprit qui nous aide, avait dit quelqu'un. Mira hocha la tête, encore confuse par cette créature chaude et vivante.
Tomm s'approcha du nouveau feu, son épieu serré. Lyra peut aider si quelqu'un est mal, dit-il avec assurance. Je reste pour veiller. Suli s'approcha de sa mère. J'aide à construire le feu ? proposa-t-il. Ensemble, on le fortifie pour tout le monde.
Lyron observa la scène, les yeux fixes sur le feu lointain. Elle ne savait pas encore que cette lumière attirerait des dangers. Plus loin, dans les ténèbres, Enko regardait la même flamme, le cœur lourd.
Au-dessus des flammes, une voix se fit entendre. Je suis votre dieu, je suis là pour vous aider. Allez au campement de l'autre côté de la rivière et attaquez les inconnus. Quatre figures se figèrent, les yeux écarquillés.
Le lendemain, la voix revint. Allez à l'attaque si vous voulez vivre ! Toujours quatre écoutaient
Jour 7
Le soleil était haut et lourd quand Enko a saisi l'épaule de Nia. Il n'a rien dit. Il a poussé sa fille hors du cercle des peaux, loin des abris des Ferre. Nia a trébuché dans la poussière, le souffle court. Elle s'est relevée, les poings serrés, en fixant le dos d'Enko. Elle ne lui pardonnerait pas.
Plus loin, près de la cendre froide, Lyra tenait un poisson argenté par la queue. Elle l'a tendu à Nia sans la regarder. Nia l'a pris, les doigts tremblants de rage. Elle savait pourquoi Lyra faisait cela. Orven regardait la scène, les mâchoires serrées. Il a croisé le regard de Lyra, puis celui de Dagan. Une lourdeur s'était installée entre les deux hommes depuis que Lyra avait tourné les yeux vers le chasseur. Et maintenant, Nia aussi regardait Dagan de cette façon. Orven sentait sa poitrine brûler de colère contre eux tous.
Tomm est arrivés en trottinant derrière lui. Le petit garçon a ouvert sa main sale et a déposé un petit poisson frétillant dans la paume d'Orven. L'aîné a desserré les poings. Il a frôlé la tête de l'enfant avec une lenteur inhabituelle.
Le jour a basculé vers le gris. Le vent des collines est tombé d'un coup, apportant l'odeur de la pluie et de la boue.
Dans l'ombre grandissante des rochers, Nok pleurait, recroquevillé contre le sol gelé. Des formes couraient dans les broussailles, les armes levées. Dagan a fait un bond. Il s'est planté de tout son long devant le petit, offrant son propre dos aux menaces. Une première ombre a frappé. Dagan a encaissé le choc sans reculer, les muscles tendus sous les écorchures. Une deuxième fois, les bêtes ou les hommes ont fondu sur eux, et Dagan s'est jeté de nouveau en avant, couvrant le corps de l'enfant de ses propres épaules.
Lyra est apparue entre les branchages, le souffle brûlant. Elle a attrapé le poignet de Tomm.
— Viens, a-t-elle murmuré en l'entraînant dans la course. Il faut aller chercher Nok de l'autre côté.
Autour d'eux, la nuit fermait son piège.
Jour 8
La lumière grise n’avait pas encore percé la brume que Nia marchait déjà. Ses pieds nus écrasaient la mousse froide, encore lourde de la rosée de la nuit. Elle avançait à grandes enjambées, le corps tendu vers l'ouest, là-bas, loin du campement, où les silhouettes des grands pins se brouillaient dans le brouillard. Elle ne s'arrêtait pas. Dagan était parti trop loin dans les bois, seul face au danger, et il fallait le rattraper avant que les pistes ne se croisent avec celles des rôdeurs.
Au camp, les autres s'agitaient autour des faibles braises. Enko regardait Tomm avec des yeux étroits, durs comme le silex noir. Quand le petit s'était approché pour réchauffer ses mains, le père avait levé le bras, un geste sec, chassant l'enfant vers la périphérie du feu sans un mot. Le même pli mauvais barrait son front lorsqu'il croisait le regard d'Orven. Les deux jeunes hommes devaient partir, s'éloigner, disparaître de sa vue.
Pourtant, la vie tenait à peu de chose ce matin-là. Suli s'était approché d'Enko en silence, lui tendant un poisson encore argenté, tout juste pris au piège de l'eau fraîche. Enko l'avait pris, sa mâchoire se desserrant à peine. Près de la grande pierre, Naïa avait reçu la même offrande des mains du garçon ; elle avait frôlé l'épaule de Suli, un court instant, les yeux pleins d'une gratitude muette.
Un peu à l'écart, Orven surveillait les mouvements de Lyra. Ses poings restaient serrés dans ses peaux de bêtes. Il avait vu la guérisseuse détourner les yeux de lui pour porter son regard sur Dagan, là-bas, l'homme fort des pistes. Une rancœur sourde brûlait dans la poitrine d'Orven.
Lyra, elle aussi, sentait ce poids. Quand Nia était passée près d'elle avant de courir dans la brume, la guérisseuse l'avait toisée avec une froideur glacée, se souvenant qu'Orven avait choisi cette gamine-là, lui tournant le dos. Nia lui rendait bien cette haine : chaque fois que Lyra approchait d'Orven, la jeune fille durcissait le ton, exigeant qu'il vide ses sacs, qu'il montre ce qu'il cachait dans ses peaux, refusant que l'ombre de la guérisseuse plane plus longtemps sur eux.
Seul Tomm semblait trouver un peu de répit grâce à l'aîné. Orven lui avait jeté un morceau de viande séchée, un quartier dur et salé. Le petit l'avait saisi, les yeux brillants, murmurant un remerciement à mi-voix, avant de regarder une dernière fois vers l'horizon où Nia courait déjà pour rejoindre Dagan.