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Une histoire en 14 tomes

25,2 jours vécus · 3446 tours · 14 survivants · 8,87 $ en tout · publique · roman public

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Aucun mort dans toute l'histoire.

Tome 1 — jours 1,0 à 3,7 aucun mort

Joué le 28/09/2026 à 21:24 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 19 min de calcul

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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (8)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
? — vivant 100 57 0 28 0 0 0
Enko Ferre vivant 100 51 73 24 83 12 0
Mira Ferre vivant 93 35 45 14 82 16 0
Naïa Ferre vivant 88 51 81 7 76 11 0
Suli Ferre vivant 66 39 59 6 101 15 0
Dagan Sölk vivant 100 63 31 2 92 27 0
Lyra Sölk vivant 100 66 17 32 84 38 0
Nia Sölk vivant 100 72 41 30 106 48 0
Orven Sölk vivant 100 54 49 26 82 41 0
Tomm Sölk vivant 100 99 30 26 95 36 0

Ce que le roman en raconte

Jour 1

  • La veille, le poing de Dagan s'était abattu sur lui, un coup sec, sans autre raison que le nom de Lyra murmuré trop près.
  • — Le cerf est loin, le lac est plein, a dit Lyra sans regarder personne en ramassant son épieu.
  • Suli a répété les mots, encore une fois, comme pour ancrer le fer dans sa tête, puis il s'est élancé sur les traces de Nia, laissant derrière lui le clan divisé par les coups et les regards obliques.
lire le chapitre en entier
La nuit n'avait pas effacé la promesse. Mira s'était engagé auprès d'Enko, et la promesse s'était brisée dans les ténèbres. Le silence pesait encore entre les peaux tendues quand le jour gris a blanchi les ajoncs.

Près des cendres tièdes, Lyra a détourné le front. Son regard a croisé celui de Nia, un éclair dur, rapide comme un vol de bécasse. Dagan avait choisi Lyra, et Nia ne l'oubliait pas. Mais Lyra, de son côté, n'avait pas desserré les mâchoires en voyant Orven se tourner vers Nia. Des choix s'étaient faits dans les ombres de la veille, nouant des fils invisibles et mauvais.

Près de la glaise, Orven massait sa joue. La veille, le poing de Dagan s'était abattu sur lui, un coup sec, sans autre raison que le nom de Lyra murmuré trop près. Orven regardait Dagan avec une haine plate. Dagan lui rendait un regard distrait, l'air de rien, tout entier tourné vers Lyra qui s'éloignait déjà vers les berges.

Mais autour d'eux, les yeux étaient craintifs. Lyra, en se courbant pour ramasser sa gaule, a jeté un œil en arrière vers Dagan. Nia faisait de même, les mains crispées sur son panier vide. Même le petit Tomm, assis sur ses talons, s'est collé contre Naïa en voyant les épaules larges du chasseur. Personne n'avait oublié le bruit sec du poing sur l'os.

— Le cerf est loin, le lac est plein, a dit Lyra sans regarder personne en ramassant son épieu. Je vais au poisson avant que le soleil ne monte.

Nia a levé le menton. Elle ne resterait pas là à attendre que le ventre crie.

— Je vais chercher de quoi manger, a-t-elle craché. On n'attend pas.

Elle a tourné les talons et s'est mise en route vers le nord. Quatorze pas de distance, pas plus. Tomm était là-bas, accroupi près d'un buisson de ronces. Nia marchait vite, le dos raide, pour le couvrir de sa propre ombre.

Naïa a posé une main lourde sur la terre battue.

— Il nous faut un abri pour tous, a-t-elle dit à la ronde. Et de quoi garder nos vivres. Il faut jeter des troncs sur la rivière, aller là où la terre est grasse. Personne ne reste ici.

Mira, les yeux rougis par une nuit sans sommeil, s'est approché de sa mère. Sa voix était basse, presque suppliante.

— Je vais trouver l'endroit pour le pont, mère. Et il nous faut des fosses pour les lapins et les bêtes plus grandes. Je n'oublie pas ce que j'ai dit.

Suli s'est dressé d'un seul bloc. Il avait les poings serrés contre ses cuisses, le menton en avant. Il ne regardait ni son père ni sa mère, mais l'espace vide devant lui, là où Nia marchait déjà. En lui, la pensée était un roc : *je vais leur montrer que je vaux les autres.*

— Je vais avec elle, a-t-il dit en fixant Naïa. Je vais trouver les champignons. Ça fera un repas, et ça nous aidera pour traverser l'eau.

Naïa a acquiescé d'un signe de menton, l'esprit déjà pris par les branchages et la glaise. Suli a répété les mots, encore une fois, comme pour ancrer le fer dans sa tête, puis il s'est élancé sur les traces de Nia, laissant derrière lui le clan divisé par les coups et les regards obliques.

Jour 2

  • Une seule phrase, lourde comme une pierre tombée du ciel, leur ordonnant de plier le genou devant leur créateur.
  • La voix était revenue, insistant, grésillant dans les esprits comme de la graisse sur le feu : *Allo écoutez moi je suis votre créateur.* Puis, presque aussitôt, un cri d'alerte sans visage : les étrangers arrivaient, il fallait dresser les abris, sous peine de mort.
  • Une dernière fois, la voix avait lacéré l'obscurité au-dessus du grand foyer, ordonnant de bâtir la barricade.
lire le chapitre en entier
L'aube n'avait pas encore effacé la suie des paupières que les silhouettes s'étaient cherchées à travers la brume. De l'autre côté de la pente, au loin, Mira et Orven s'étaient vus une fraction de seconde, sans un cri, séparés par les broussailles et la peur. Plus près, au milieu des peaux de bêtes et des tisons mourants, Naïa avait baissé les yeux vers le tout petit, Tomm, recroquevillé dans la cendre. Elle ne l'avait jamais regardé ainsi.

Le soleil était haut quand les têtes s'étaient levées ensemble, attirées par rien, par le vent peut-être. Au-dessus du feu de camp, la voix sans corps était tombée. Une seule phrase, lourde comme une pierre tombée du ciel, leur ordonnant de plier le genou devant leur créateur. Quatre paires d'oreilles l'avaient captée, quatre corps s'étaient figés, les muscles tendus sous la crasse. Suli tremblait, serrant contre sa poitrine un unique champignon qu'Enko venait de lui glisser dans la paume — geste rare, promesse tenue d'un bois fouillé à l'aube. Près d'eux, Nia évitait de croiser le regard de Lyra. La guérisseuse serrait les dents, les poings serrés, fulminant en silence en voyant Dagan poser les yeux sur la cadette. Orven, lui aussi, avait vu ce regard de Dagan pour Nia ; sa mâchoire s'était nouée d'une haine sourde, tout comme il haïssait ce même Dagan d'avoir été choisi par Lyra.

L'après-midi avait charrié d'autres murmures invisibles. La voix était revenue, insistant, grésillant dans les esprits comme de la graisse sur le feu : *Allo écoutez moi je suis votre créateur.* Puis, presque aussitôt, un cri d'alerte sans visage : les étrangers arrivaient, il fallait dresser les abris, sous peine de mort. Quatre têtes s'étaient tournées vers le vide, cherchant d'où venait le souffle.

Au crépuscule, la panique avait pris corps. Près des tentes des Sölk, Orven avait aperçu Mira s'approcher trop près. D'un geste brutal, les mains tendues, il l'avait repoussée hors du camp, l'envoyant rouler dans la poussière. Mira s'était redressée, les larmes aux yeux, furieuse contre ce frère qui la rejetait et contre ce petit Tomm qu'elle venait de chasser à son tour d'un geste sec.

La nuit était tombée, noire et épaisse. Une dernière fois, la voix avait lacéré l'obscurité au-dessus du grand foyer, ordonnant de bâtir la barricade. Et tandis que les mains commençaient à empiler les branchages dans la lueur rouge, une silhouette s'était jetée sur une autre dans les tisons, brisant le silence de la nuit par un coup sourd avant que le clan n'ait eu le temps de hurler.

Jour 3

  • Une voix sans corps, descendue de nulle part et de partout à la fois, leur avait ordonné de couper le bois et de dresser des murs.
  • Il faut bâtir la barricade.
  • Une autre voix, immense, s'était posée au-dessus des tisons des Sölk : elle se disait leur créateur.
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La poussière retombait à peine sur les genoux de Suli que la main de Dagan s'était abattue sur son épaule, le jetant hors du cercle. Personne n'avait crié. Le jeune homme était resté un instant à terre, le front contre la terre battue, regardant ses doigts s'ouvrir et se fermer dans la cendre. Il avait juré, sans un bruit, de ne plus jamais plier.

Au-dessus du grand foyer, les flammes avaient craché des étincelles bleues avant de dessiner des formes que seuls quatre d'entre eux avaient vues. Une voix sans corps, descendue de nulle part et de partout à la fois, leur avait ordonné de couper le bois et de dresser des murs.

Enko s'était redressé, le premier, les mains encore noires de suie. Il avait regardé les visages pâles éclairés par les tisons.
— Une voix a parlé dans le feu, avait-il murmuré en tournant la tête vers les siens. Il faut bâtir la barricade. Obéir, même sans comprendre. Qui vient chercher les branches ?

Naïa tremblait. Elle serrait ses bras croisés contre sa poitrine comme pour s'empêcher de se briser. Elle n'avait jamais rien connu de tel, cette chose invisible qui lui labourait le crâne. Elle regardait ses enfants, les yeux grands ouverts, décidée désormais à ne plus quitter des yeux la moindre ombre autour du camp.

Près d'elle, Suli s'était approché de son père, les mâchoires serrées. Il avait répété les mots entendus dans les flammes, promettant de dresser le bois, de faire bouger ses mains pour que les siens soient en sécurité, pour percer enfin le secret de ce monde qui gronde. Mira, un peu plus loin, cherchait son regard, avide de savoir si d'autres avaient entendu le même souffle. Naïa l'avait saisie par le poignet, lui promettant de l'aider à comprendre, à la seule condition qu'elle ne s'éloigne plus jamais des autres.

Mais le jour qui s'était levé n'avait apporté aucune paix.

Près des abris des Sölk, le soleil dardait déjà ses premières lances glacées. Nia avait jeté un regard en biais vers Lyra, là-bas, près des pierres. Un regard lourd, plein de venin retenu. Dagan avait choisi la guérisseuse, et Nia n'oubliait pas. Lyra, sentant ce poids dans son dos, avait plissé les yeux avec mépris, rendant la haine pour haine.

Orven bouillonnait un peu plus loin. Il avait vu Dagan. Il avait vu Nia. Le chasseur prenait trop de place, il attirait les regards qu'Orven voulait pour lui seul.

Et au milieu de ce cercle de rancœurs silencieuses, une nouvelle lueur avait transpercé le ciel du milieu du jour. Une autre voix, immense, s'était posée au-dessus des tisons des Sölk : elle se disait leur créateur. Elle leur ordonnait d'ouvrir l'œil, car des étrangers rôdaient dans les broussailles, et il leur fallait partager leur viande avec ces fantômes venus des arbres.
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Tome 2 — jours 3,7 à 5,0 aucun mort

Joué le 28/09/2026 à 21:36 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : arrêtée à la main · 11 min de calcul

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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (2)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 28 26 100 36 40 2 0
Mira Ferre vivant 100 99 47 22 48 16 0
Naïa Ferre vivant 100 97 87 23 42 10 0
Suli Ferre vivant 100 99 43 23 43 5 0
Dagan Sölk vivant 88 34 28 36 51 12 0
Lyra Sölk vivant 100 71 10 9 61 30 0
Nia Sölk vivant 100 99 28 5 61 28 0
Nok Sölk vivant 99 30 8 38 0 0 0
Orven Sölk vivant 100 99 43 16 57 37 0
Tomm Sölk vivant 100 61 22 4 66 21 0

Ce que le roman en raconte

Jour 4

  • La voix avait grondé, un ordre net planté dans leur crâne : il fallait frapper le premier camp, fondre sur eux avant que la faim ne les achève ici, dans la boue.
  • Près des flammes qui crachaient leurs dernières étincelles, Mira s'était penchée vers Naïa, les yeux grands, demandant si elle aussi avait entendu le sang appeler le sang.
  • Mira l'avait tiré par le bras, suppliant le petit de fuir l'eau, de venir se mettre à l'abri avec elle, de ne pas rester seul dans ce froid qui le tuait.
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L'aube n'avait pas encore lavé les cendres que le feu parlait déjà. Une voix sans corps, lourde comme la suie, était descendue sur les tisons pour cracher son venin aux oreilles de quatre d'entre eux. De l'autre côté de l'eau, là-bas, il y avait des ventres pleins. Mais ces gens-là ne céderaient rien. La voix avait grondé, un ordre net planté dans leur crâne : il fallait frapper le premier camp, fondre sur eux avant que la faim ne les achève ici, dans la boue.

Près des flammes qui crachaient leurs dernières étincelles, Mira s'était penchée vers Naïa, les yeux grands, demandant si elle aussi avait entendu le sang appeler le sang.

La pluie piquait le sol. Suli grelottait, la poitrine prise par un feu mauvais qui le faisait cracher. Mira l'avait tiré par le bras, suppliant le petit de fuir l'eau, de venir se mettre à l'abri avec elle, de ne pas rester seul dans ce froid qui le tuait. Mais Suli avait les yeux fixes. Il refusait de bouger. Il murmurait que la voix parlait encore, là, au milieu des braises. Puis, le dos voûté par la fièvre, il avait annoncé qu'il allait traverser, qu'il irait chercher du poisson en face, puisque l'estomac criait trop fort.

Lyra, le visage fermé, avait poussé Tomm du coude vers les buissons. Il fallait ramasser du bois, nourrir ce feu maudit avant qu'il ne s'éteigne pour de bon. Mais en tendant une lanière de poisson à Orven, un instant plus tôt, la guérissieuse n'avait croisé que des regards lourds.

Orven rongeait sa haine un peu plus loin. Il fixait Dagan. Le chasseur était là, trop sûr de ses épaules, trop visible. Nia regardait Dagan avec un pli amer sur la bouche, en voulant à Lyra parce que le chasseur tournait autour de l'autre femme. Et Orven en voulait à Dagan pour cela aussi — et plus encore parce que Nia avait choisi le chasseur et non lui.

Pourtant, au milieu de cette pelote de rancœurs, Orven portait une dette. Quand la bête avait bondi, Dagan s'était jeté en avant, s'interposant pour couvrir l'aîné de son propre corps. Orven serrait les dents, mâchant sa propre rage : il lui devait la vie, et cette pensée lui brûlait la gorge plus que la fumée. Il détourna les yeux, croisa ceux de Tomm qui lui tendait un peu d'eau et un autre morceau de poisson. Il avait accepté en silence, reconnaissant malgré lui envers le gamin, tout en sentant peser sur lui le regard oblique de Lyra.
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Tome 3 — jours 5,0 à 5,7 aucun mort

Joué le 29/09/2026 à 17:36 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : arrêtée à la main · 6 min de calcul

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191appels au modèle

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 34 35 68 68 25 0 0
Mira Ferre vivant 100 60 59 54 17 3 0
Naïa Ferre vivant 94 85 40 55 21 1 0
Suli Ferre vivant 100 65 34 55 18 3 0
Dagan Sölk vivant 100 91 26 18 28 7 0
Lyra Sölk vivant 100 85 4 41 32 17 0
Nia Sölk vivant 100 68 43 37 25 15 0
Nok Sölk vivant 99 16 14 34 0 0 0
Orven Sölk vivant 100 55 53 23 21 10 0
Tomm Sölk vivant 100 44 12 3 33 13 0

Le roman n'a rien écrit pour ce tome.

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Tome 4 — jours 5,7 à 6,0 aucun mort

Joué le 29/09/2026 à 18:48 · z-ai/glm-4.5-air · fin : arrêtée à la main · 10 min de calcul

641 → 678tours
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0,11 $coût
105appels au modèle

Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (1)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 36 25 56 79 13 0 0
Mira Ferre vivant 97 24 72 66 13 7 0
Naïa Ferre vivant 97 50 53 67 13 5 0
Suli Ferre vivant 97 38 47 42 13 4 0
Dagan Sölk vivant 100 99 44 30 14 2 0
Lyra Sölk vivant 100 67 17 53 13 3 0
Nia Sölk vivant 100 44 56 49 12 7 0
Nok Sölk vivant 99 9 15 34 0 0 0
Orven Sölk vivant 100 38 50 35 15 2 0
Tomm Sölk vivant 100 96 25 15 11 3 0

Ce que le roman en raconte

Jour 5

  • Son regard portait une douleur qui n'avait rien à voir avec la blessure de son bras.
  • Il ne voyait pas encore que cette lumière attirerait des regards curieux, des inconnus dont la voix parlait dans les ombres.
  • Tomm s'approcha du nouveau feu, son épieu serré.
lire le chapitre en entier
La braise dernière s'éteignit sous le pied furieux de Dagan. Enko recula, sans un mot, les épaules voûtées. L'aîné regarda son père s'éloigner dans la nuit, les mains vides. Il entendit le grincement d'une peau tendue, le bruissement du vent dans les herbes hautes. Une pierre heurta le sol près de ses pieds : c'était Tomm, qui avait ramassé un caillou par réflexe, puis baissa les yeux.

Orven sentit ses poings se serrer. Il regarda Lyra, qui ne le quittait pas des yeux. Son regard portait une douleur qui n'avait rien à voir avec la blessure de son bras. Il tourna la tête vers Nia, assise près du feu, inconsciente des regards qui la brûlaient. Pourquoi ? Pourquoi toujours elle ?

Pendant ce temps, plus loin, une lueur apparut dans les ténèbres. Une nouvelle flamme, seule, étrangère au camp. Dagan avait posé son feu. Il ne voyait pas encore que cette lumière attirerait des regards curieux, des inconnus dont la voix parlait dans les ombres.

« Viens avec moi, » dit Naïa à Mira, la prenant par la main. « Je dois chercher du poisson vers l'eau. Reste près de moi. » La filie la suivit, les yeux grands ouverts sur le feu qui dansait. « Maman, pourquoi le feu a un visage ? » murmura-t-elle, la main sur son ventre vide. « Il a parlé à Suli, j'ai eu peur. » Naïa caressa les cheveux de sa fille. « Le feu nous protège, ma petite. Il garde les bêtes loin pendant qu'on dort. Il est un bon esprit qui nous aide. » Mira hocha la tête, encore confuse par cette créature chaude et vivante.

Tomm s'approcha du nouveau feu, son épieu serré. « Lyra peut aider si quelqu'un est mal, » dit-il avec assurance. « Je reste pour veiller. » Suli s'approcha de sa mère. « J'aide à construire le feu ? » proposa-t-il. « Ensemble, on le fortifie pour tout le monde. »

Lyron observa la scène, les yeux fixes sur le feu lointain. Elle ne savait pas encore que cette lumière attirerait des dangers. Plus loin, dans les ténèbres, Enko regardait la même flamme, le cœur lourd.
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Tome 5 — jours 6,0 à 6,5 aucun mort

Joué le 29/09/2026 à 21:21 · z-ai/glm-4.5-air · fin : arrêtée à la main · 14 min de calcul

678 → 753tours
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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (5)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 72 61 57 26 27 5 0
Mira Ferre vivant 99 39 74 13 25 13 0
Naïa Ferre vivant 100 35 79 15 16 6 0
Suli Ferre vivant 97 17 62 74 24 8 0
Dagan Sölk vivant 100 77 48 62 10 1 0
Lyra Sölk vivant 100 78 35 32 18 3 0
Nia Sölk vivant 100 38 70 5 13 3 0
Nok Sölk vivant 99 0 5 30 0 0 0
Orven Sölk vivant 100 64 56 42 23 3 0
Tomm Sölk vivant 100 65 51 1 26 16 0

Ce que le roman en raconte

Jour 6

  • Tomm s'approcha du nouveau feu, son épieu serré.
  • Au-dessus des flammes, une voix se fit entendre.
  • Je suis votre dieu, je suis là pour vous aider.
lire le chapitre en entier
Tandis que le feu crépitait, Mira regardait les flammes dansantes. Il est un bon esprit qui nous aide, avait dit quelqu'un. Mira hocha la tête, encore confuse par cette créature chaude et vivante.

Tomm s'approcha du nouveau feu, son épieu serré. Lyra peut aider si quelqu'un est mal, dit-il avec assurance. Je reste pour veiller. Suli s'approcha de sa mère. J'aide à construire le feu ? proposa-t-il. Ensemble, on le fortifie pour tout le monde.

Lyron observa la scène, les yeux fixes sur le feu lointain. Elle ne savait pas encore que cette lumière attirerait des dangers. Plus loin, dans les ténèbres, Enko regardait la même flamme, le cœur lourd.

Au-dessus des flammes, une voix se fit entendre. Je suis votre dieu, je suis là pour vous aider. Allez au campement de l'autre côté de la rivière et attaquez les inconnus. Quatre figures se figèrent, les yeux écarquillés.

Le lendemain, la voix revint. Allez à l'attaque si vous voulez vivre ! Toujours quatre écoutaient
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Tome 6 — jours 6,5 à 8,6 aucun mort

Joué le 29/09/2026 à 22:09 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 32 min de calcul

753 → 1047tours
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7ouvrages debout
8,2 %d'échecs
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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (1)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
? — vivant 100 100 0 0 0 0 0
Enko Ferre vivant 44 50 52 19 59 6 0
Mira Ferre vivant 88 48 9 11 97 21 0
Naïa Ferre vivant 66 13 75 74 64 12 0
Suli Ferre vivant 100 54 44 27 74 11 0
Dagan Sölk vivant 100 73 2 12 83 38 0
Lyra Sölk vivant 100 43 25 11 74 51 0
Nia Sölk vivant 100 78 34 30 86 43 0
Nok Sölk vivant 98 1 4 30 0 0 0
Orven Sölk vivant 100 60 5 31 82 34 0
Tomm Sölk vivant 100 69 6 4 99 30 0

Ce que le roman en raconte

Jour 7

  • Il a poussé sa fille hors du cercle des peaux, loin des abris des Ferre.
  • Le vent des collines est tombé d'un coup, apportant l'odeur de la pluie et de la boue.
  • Une première ombre a frappé.
lire le chapitre en entier
Le soleil était haut et lourd quand Enko a saisi l'épaule de Nia. Il n'a rien dit. Il a poussé sa fille hors du cercle des peaux, loin des abris des Ferre. Nia a trébuché dans la poussière, le souffle court. Elle s'est relevée, les poings serrés, en fixant le dos d'Enko. Elle ne lui pardonnerait pas.

Plus loin, près de la cendre froide, Lyra tenait un poisson argenté par la queue. Elle l'a tendu à Nia sans la regarder. Nia l'a pris, les doigts tremblants de rage. Elle savait pourquoi Lyra faisait cela. Orven regardait la scène, les mâchoires serrées. Il a croisé le regard de Lyra, puis celui de Dagan. Une lourdeur s'était installée entre les deux hommes depuis que Lyra avait tourné les yeux vers le chasseur. Et maintenant, Nia aussi regardait Dagan de cette façon. Orven sentait sa poitrine brûler de colère contre eux tous.

Tomm est arrivés en trottinant derrière lui. Le petit garçon a ouvert sa main sale et a déposé un petit poisson frétillant dans la paume d'Orven. L'aîné a desserré les poings. Il a frôlé la tête de l'enfant avec une lenteur inhabituelle.

Le jour a basculé vers le gris. Le vent des collines est tombé d'un coup, apportant l'odeur de la pluie et de la boue.

Dans l'ombre grandissante des rochers, Nok pleurait, recroquevillé contre le sol gelé. Des formes couraient dans les broussailles, les armes levées. Dagan a fait un bond. Il s'est planté de tout son long devant le petit, offrant son propre dos aux menaces. Une première ombre a frappé. Dagan a encaissé le choc sans reculer, les muscles tendus sous les écorchures. Une deuxième fois, les bêtes ou les hommes ont fondu sur eux, et Dagan s'est jeté de nouveau en avant, couvrant le corps de l'enfant de ses propres épaules.

Lyra est apparue entre les branchages, le souffle brûlant. Elle a attrapé le poignet de Tomm.
— Viens, a-t-elle murmuré en l'entraînant dans la course. Il faut aller chercher Nok de l'autre côté.

Autour d'eux, la nuit fermait son piège.

Jour 8

  • Quand le petit s'était approché pour réchauffer ses mains, le père avait levé le bras, un geste sec, chassant l'enfant vers la périphérie du feu sans un mot.
  • Ses poings restaient serrés dans ses peaux de bêtes.
  • Le petit l'avait saisi, les yeux brillants, murmurant un remerciement à mi-voix, avant de regarder une dernière fois vers l'horizon où Nia courait déjà pour rejoindre Dagan.
lire le chapitre en entier
La lumière grise n’avait pas encore percé la brume que Nia marchait déjà. Ses pieds nus écrasaient la mousse froide, encore lourde de la rosée de la nuit. Elle avançait à grandes enjambées, le corps tendu vers l'ouest, là-bas, loin du campement, où les silhouettes des grands pins se brouillaient dans le brouillard. Elle ne s'arrêtait pas. Dagan était parti trop loin dans les bois, seul face au danger, et il fallait le rattraper avant que les pistes ne se croisent avec celles des rôdeurs.

Au camp, les autres s'agitaient autour des faibles braises. Enko regardait Tomm avec des yeux étroits, durs comme le silex noir. Quand le petit s'était approché pour réchauffer ses mains, le père avait levé le bras, un geste sec, chassant l'enfant vers la périphérie du feu sans un mot. Le même pli mauvais barrait son front lorsqu'il croisait le regard d'Orven. Les deux jeunes hommes devaient partir, s'éloigner, disparaître de sa vue.

Pourtant, la vie tenait à peu de chose ce matin-là. Suli s'était approché d'Enko en silence, lui tendant un poisson encore argenté, tout juste pris au piège de l'eau fraîche. Enko l'avait pris, sa mâchoire se desserrant à peine. Près de la grande pierre, Naïa avait reçu la même offrande des mains du garçon ; elle avait frôlé l'épaule de Suli, un court instant, les yeux pleins d'une gratitude muette.

Un peu à l'écart, Orven surveillait les mouvements de Lyra. Ses poings restaient serrés dans ses peaux de bêtes. Il avait vu la guérisseuse détourner les yeux de lui pour porter son regard sur Dagan, là-bas, l'homme fort des pistes. Une rancœur sourde brûlait dans la poitrine d'Orven.

Lyra, elle aussi, sentait ce poids. Quand Nia était passée près d'elle avant de courir dans la brume, la guérisseuse l'avait toisée avec une froideur glacée, se souvenant qu'Orven avait choisi cette gamine-là, lui tournant le dos. Nia lui rendait bien cette haine : chaque fois que Lyra approchait d'Orven, la jeune fille durcissait le ton, exigeant qu'il vide ses sacs, qu'il montre ce qu'il cachait dans ses peaux, refusant que l'ombre de la guérisseuse plane plus longtemps sur eux.

Seul Tomm semblait trouver un peu de répit grâce à l'aîné. Orven lui avait jeté un morceau de viande séchée, un quartier dur et salé. Le petit l'avait saisi, les yeux brillants, murmurant un remerciement à mi-voix, avant de regarder une dernière fois vers l'horizon où Nia courait déjà pour rejoindre Dagan.
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Tome 7 — jours 8,6 à 10,6 aucun mort

Joué le 30/09/2026 à 09:06 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 17 min de calcul

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Ce qui s'est passé

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 27 70 53 68 63 4 0
Mira Ferre vivant 92 24 42 14 75 16 0
Naïa Ferre vivant 32 11 87 5 55 4 0
Suli Ferre vivant 83 17 82 19 79 23 0
Ard Sölk vivant 100 62 8 39 0 0 0
Dagan Sölk vivant 100 83 13 6 73 20 0
Lyra Sölk vivant 100 74 37 43 105 41 0
Nia Sölk vivant 100 90 11 18 82 34 0
Nok Sölk vivant 98 3 2 33 0 0 0
Orven Sölk vivant 100 87 32 13 65 21 0
Tomm Sölk vivant 100 82 7 13 97 37 0

Ce que le roman en raconte

Jour 9

  • C'était elle qui l'avait chassé des abris la veille, elle qui avait levé le bras pour parer son coup avant que le poing ne s'abatte.
  • Nia jeta un coup d'œil rapide vers la lisière des bois, là où les ombres s'allongeaient déjà.
  • Sa voix était à peine plus qu'un souffle rauque : il lui demanda de ne pas s'en aller seule vers cet homme, de jurer qu'elle resterait près de la chaleur des flammes.
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Le givre blanchissait encore les pierres du foyer quand Tomm fit un pas de côté. Il glissa son petit corps maigre devant Nia, bloquant le vent du nord qui mordait les joues de sa sœur. Elle ne dit rien, occupée à mâcher une racine dure, mais elle sentit la petite épaule se caler contre la sienne. Un peu plus tard, le même geste. Encore une fois, le garçon s'interposa face aux rafales glacées qui venaient de la vallée, sans lâcher des yeux la silhouette accroupie de Nia.

Plus loin, près des peaux tendues, les regards s'pesaient lourdement. Orven s'était approché du foyer, les poings serrés dans ses braies de cuir. Il cherchait Dagan des yeux, mais le chasseur tournait le dos, tout entier absorbé par la pointe de son sagaie qu'il polissait avec une pierre rugueuse. Lyra était là, assise à quelques pas de Dagan, les mains tendues vers les braises. Quand Orven passa près d'eux, la guérisseuse détourna la tête avec lenteur, un pli mauvais creusé entre les sourcils. Dagan, sans un mot, serra un peu plus fort le manche de bois poli.

Orven s'arrâta net. Ses mâchoires se crispèrent. Il regarda Mira, assise un peu plus haut sur la pente. C'était elle qui l'avait chassé des abris la veille, elle qui avait levé le bras pour parer son coup avant que le poing ne s'abatte. La marque violette tachait encore la joue de Mira. La jeune femme ne baissa pas les yeux. Elle plongea son regard dans celui de l'aîné avec une froideur de pierre, les doigts crispés sur un fragment de silex.

Orven fit un geste brusque pour s'avancer, mais Lyra s'interposa d'un mouvement imperceptible, le corps tendu comme un arc, prête à bondir. Autour d'eux, le cercle se referma en silence. Nia recula d'un pas, les yeux rivés sur les mains d'Orven, se souvenant du bruit sec de la gifle et du corps de Mira projeté contre la terre gelée. Tomm, serré contre la cuisse de Naïa, serrait les poings, les yeux grands ouverts de peur et de haine contenue.

L'après-midi penchait déjà vers les ombres bleues quand le vent tourna. Une bourrasque plus forte souleva la cendre du foyer. Sans hésiter, Nia fit un grand pas de côté et vint se planter carrément devant Ard, protégeant le tout-petit du froid et des regards mauvais qui pesaient sur le camp.

Nia jeta un coup d'œil rapide vers la lisière des bois, là où les ombres s'allongeaient déjà. Elle avala sa bouchée de viande, machinalement. Elle irait voir ce que l'étranger tramait là-bas, dès que le soleil aurait basculé derrière la crête. Tomm, qui l'avait suivie des yeux, attrapa sa manche. Sa voix était à peine plus qu'un souffle rauque : il lui demanda de ne pas s'en aller seule vers cet homme, de jurer qu'elle resterait près de la chaleur des flammes.

Plus loin, dans le silence lourd qui retombait sur le camp, Lyra effleura l'épaule de Dagan. Le chasseur était déjà debout, le regard perdu dans la nuit qui montait. La guérisseuse lui rappela qu'il ne devait pas s'en aller seul dans les ténèbres, qu'il ne fallait surtout pas le laisser partir ainsi.
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Tome 8 — jours 10,6 à 12,6 aucun mort

Joué le 30/09/2026 à 14:06 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 20 min de calcul

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Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 52 16 44 5 67 10 0
Mira Ferre vivant 100 65 39 5 73 20 0
Naïa Ferre vivant 61 56 8 31 65 9 0
Suli Ferre vivant 96 30 60 2 82 28 0
Ard Sölk vivant 100 34 4 33 0 0 0
Dagan Sölk vivant 100 79 15 24 72 36 0
Lyra Sölk vivant 100 71 46 10 82 61 0
Nia Sölk vivant 100 92 0 10 93 52 0
Nok Sölk vivant 100 97 2 1 127 43 0
Orven Sölk vivant 100 89 4 8 82 55 0
Tomm Sölk vivant 100 99 1 53 120 63 0

Ce que le roman en raconte

Jour 11

  • Dagan ajustait la sangle de son carquois, les yeux perdus vers les fourrés.
  • Orven le dévorait du regard, les muscles tendus, ruminant une vieille rancœur : c'était lui que Lyra aurait dû regarder, pas ce chasseur aux manières frustes.
  • Elle surprenait les œillades que la jeune femme jetait à Dagan, et une aigreur brûlait la gorge de la guérisseuse en constatant que le chasseur semblait s'intéresser à cette autre.
lire le chapitre en entier
Le vent de l'après-midi couchait les hautes herbes jaunes autour du camp. Près du foyer éteint, Suli portait encore la trace rouge de la main d'Enko sur la joue. Il serrait les poings, les yeux fixés sur le sol, refusant de croiser le regard de son père. À quelques pas, Mira évitait elle aussi de regarder l'homme. Ses doigts s'enroulaient nerveusement autour d'une vieille courge vide, tandis qu'elle épiait le moindre mouvement d'Enko du coin de l'œil, se demandant quand sa colère retomberait sur un autre. Naïa, assise sur un tronc moussu, gardait le même silence lourd. Elle surveillait son homme avec une méfiance glacée, les mâchoires serrées depuis le soufflet.

Plus loin, la tension changeait de visage. Dagan ajustait la sangle de son carquois, les yeux perdus vers les fourrés. Orven le dévorait du regard, les muscles tendus, ruminant une vieille rancœur : c'était lui que Lyra aurait dû regarder, pas ce chasseur aux manières frustes. Mais Lyra, justement, ne voyait que Nia. Elle surprenait les œillades que la jeune femme jetait à Dagan, et une aigreur brûlait la gorge de la guérisseuse en constatant que le chasseur semblait s'intéresser à cette autre.

Nia, sentant ce regard brûlant sur sa nuque, reporta sa haine sur Lyra. Elle savait bien pourquoi Orven venait rôder près d'elle, et elle en voulait à la guérisseuse de retenir les pensées du jeune homme.

Pourtant, le monde ne s'arrêtait pas aux rancœurs. Blotti contre la roche, le petit Tomm s'était approché de Lyra. Sans mot dire, il avait tendu une part de viande séchée, puis une poignée de baies sauvages trouvées le matin. La guérisseuse avait accepté le maigre butin, une lueur de douceur traversant ses traits durcis. Elle posa une main apaisante sur la tête de l'enfant.

C'est alors que le danger creva les hautes herbes. Un éclair brun, un mufle baveux. La bête surgissait des buissons, droit sur eux.

Lyra n'eut pas une seconde d'hésitation. D'un bond, elle se jeta en avant, s'interposant de tout son corps entre les crocs et Tomm, couvrant le petit de ses épaules.
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Tome 9 — jours 12,6 à 14,6 aucun mort

Joué le 30/09/2026 à 15:20 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 19 min de calcul

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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (1)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
? — vivant 100 84 6 35 0 0 0
Enko Ferre vivant 100 68 37 57 51 4 0
Mira Ferre vivant 100 84 44 48 105 47 0
Naïa Ferre vivant 100 42 78 5 53 7 0
Suli Ferre vivant 97 59 77 59 66 12 0
Ard Sölk vivant 100 7 6 37 0 0 0
Dagan Sölk vivant 100 57 44 16 80 37 0
Lyra Sölk vivant 100 88 2 28 93 63 0
Nia Sölk vivant 100 98 2 1 107 64 0
Nok Sölk vivant 100 84 11 16 113 58 0
Orven Sölk vivant 100 69 17 29 74 45 0
Tomm Sölk vivant 100 51 16 5 91 51 0

Ce que le roman en raconte

Jour 13

  • La bête recula, grogna, puis l'éclair brun replongea dans les hautes herbes avant que le sang ne coule.
  • Mais quand Naïa passa près de lui, portant une lourde branche morte, Suli ferma les yeux une seconde, empli d'une soudaine gratitude pour ce morceau de bois tendu sans un mot.
  • Une fine étincelle jaillit, mourut dans l'herbe morte.
lire le chapitre en entier
Le choc résonna sourdement dans l'herbe écrasée. La bête recula, grogna, puis l'éclair brun replongea dans les hautes herbes avant que le sang ne coule. Lyra releva les épaules, le souffle court. Elle ne regarda pas l'enfant. Ses yeux cherchèrent Dagan, là-bas, trop loin du groupe, immobile. Elle lui tendit l'eau. Ses doigts frôlèrent le bois de la gourde. Elle lui dit de boire, de calmer ce sang trop vite chauffé, puis répéta l'ordre plus doucement, car la soif brise le corps si on la noie trop vite.

Dagan détourna le visage.

Orven vit ce refus. Il serra les poings, la mâchoire dure, se rappelant que c'était elle, la guérisseuse, qui l'avait choisi lui, ce chasseur aux épaules larges, au mépris des autres. Près d'eux, Nia s'impatientait de l'autre cri de Nok, étouffé dans les broussailles. Lyra la mit en garde contre ce qu'on porte à la bouche sans savoir. Nia rétorqua vertement qu'à attendre, le ventre s'ouvre tout seul. Un instant, Lyra baissa les yeux vers la jeune fille, reconnut la justesse de sa course et de ses mots : Dagan bougeait trop, il s'éloignait toujours.

Un peu plus loin, Suli massait sa tempe tuméfiée. La trace rouge violacée barrait sa peau là où le poing de Dagan s'était abattu un peu plus tôt. Une haine sourde plissait ses yeux lorsqu'il croisait la silhouette du chasseur. Mais quand Naïa passa près de lui, portant une lourde branche morte, Suli ferma les yeux une seconde, empli d'une soudaine gratitude pour ce morceau de bois tendu sans un mot.

Le soleil basculait déjà. Tomm refusa de s'asseoir comme Nok le lui demandait, préférant rester debout, planté près des branchages.

C'est alors que Naïa s'agenouilla.

Elle posa le bois sec en un cône serré. De la poche de sa peau de bête, elle sortit les deux cailloux noirs. Un premier choc, étouffé. Rien. Un second, plus sec. Une fine étincelle jaillit, mourut dans l'herbe morte. Naïa souffla, une seule fois, de tout son souffle contenu. Une fumée âcre s'éleva, grise d'abord, puis rousse. Une flamme minuscule lécha le brindille, grandit, mordit l'écorce.

C'était la première fois que le clan des Ferre voyait naître une lumière qui leur appartenait.

Lyra s'approcha vivement de Dagan, le saisissant par l'avant-bras pour le ramener vers l'orangé de la braise naissante, murmurant que les bêtes sortaient des bois à cette heure précise. Autour du foyer, les ombres s'allongeaient. Personne ne parlait. Ils regardaient tous le feu danser, les uns frôlant la brûlure du souvenir, les autres sentant le froid reculer pour la toute première fois.
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Tome 10 — jours 14,6 à 16,5 aucun mort

Joué le 30/09/2026 à 16:30 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 22 min de calcul

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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (13)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 92 19 87 26 68 10 0
Mira Ferre vivant 97 47 84 32 83 31 0
Naïa Ferre vivant 89 11 100 19 80 28 0
Suli Ferre vivant 72 9 100 38 74 29 0
Ard Sölk vivant 100 42 6 39 0 0 0
Dagan Sölk vivant 48 70 20 20 7 2 0
Lyra Sölk vivant 100 79 40 3 77 39 0
Nia Sölk vivant 100 57 13 21 96 66 0
Nok Sölk vivant 100 61 0 24 104 29 0
Orven Sölk vivant 100 43 25 30 81 49 0
Tomm Sölk vivant 100 42 26 29 83 34 0
Vera Sölk vivant 100 51 5 38 0 0 0

Ce que le roman en raconte

Jour 14

  • Dagan ne commandait plus aux hommes ; ses mains allaient désormais où allaient celles des autres, et sa place au cercle des anciens était vide, prise par l'étranger qui venait d'arriver au camp.
  • Elle murmura que la toux venait du froid entré dans la poitrine, qu'il fallait l'arracher de là.
  • Elle tendit les plantes qu'elle avait cueillies, demandant d'une voix sèche ce qu'il fallait faire de plus, mais Lyra se détourna presque aussitôt pour veiller le petit, les yeux rivés sur le feu qui grandissait.
lire le chapitre en entier
La fumée piquait les yeux. Dagan ne commandait plus aux hommes ; ses mains allaient désormais où allaient celles des autres, et sa place au cercle des anciens était vide, prise par l'étranger qui venait d'arriver au camp. Personne ne releva la tête quand il s'assit.

Orven détourna les yeux du feu, les posant sur Dagan avec une froideur lourde, indifférente à la fatigue de l'homme. Lyra l'avait choisi pour porter la parole au conseil, et ce choix-là brûlait Orven plus que la braise. Près d'eux, Nia vit ce regard. Elle vit aussi Lyra s'approcher d'Orven, pencher la tête pour lui parler de Vera qui toussait, de l'écorce qu'il fallait bouillir. Le front de Nia se plissa, ses doigts se refermèrent sur la terre dure ; elle en voulait à la guérisseuse, car Orven, lui, avait choisi Lyra.

— Mange, dit Nia en poussant un morceau de viande vers Dagan. Tu tiens à peine debout.

Mais Dagan secoua la tête, les yeux fixés sur le sol. Lyra, qui passait près d'eux pour porter des feuilles mouillées, surprit le ton de Nia. Elle planta ses yeux dans ceux de la cadette, un pli amer au coin des lèvres. Elle n'avait pas oublié que Nia, tout à l'heure, avait marché aux côtés de Dagan pour aller chercher le gibier avant la nuit.

Près des abris, Nok secoua l'épaule de Tomm.

— Tu as entendu ? Je t'ai donné ce poisson. Réponds-moi.

Tomm ne bougea pas. Le petit dernier grelottait, malgré la lueur orange qui léchait maintenant les pierres du foyer. Lyra lâcha les feuilles de Nia, s'agenouilla près de Vera et posa une main brûlante sur son front. Elle murmura que la toux venait du froid entré dans la poitrine, qu'il fallait l'arracher de là. Orven s'approcha, se pencha pour écouter. Lyra écarta les doigts pour lui faire de la place, tout en veillant à ce que personne d'autre ne touche le malade.

Nia resta seule un instant dans l'ombre du grand pin. Elle tendit les plantes qu'elle avait cueillies, demandant d'une voix sèche ce qu'il fallait faire de plus, mais Lyra se détourna presque aussitôt pour veiller le petit, les yeux rivés sur le feu qui grandissait.

Jour 15

  • Une voix sans visage roula sur les braises.
  • Naïa, à son tour, réussit à faire naître une flamme là où les Ferre n'avaient rien.
  • Et par-delà les collines, la même voix invisible vint frôler les sommeils des Sölk, leur soufflant qu'il existait d'autres corps, de l'autre côté de la nuit, pour s'unir et ne plus mourir seuls.
lire le chapitre en entier
La nuit n'était pas encore déchirée par l'aube qu'un grondement sourd tomba des flammes. Une voix sans visage roula sur les braises. Elle parla de protection, de murs de bois à dresser, et ceux qui veillaient sentirent la chair de poule sous les peaux de bêtes.

Quand le jour blanchit les crêtes, la voix revint, plus proche, planant au-dessus du foyer. Elle jura qu'elle ne raillait personne. Quatre d'entre eux courbèrent l'échine, saisis d'un effroi nouveau. Puis elle exigea qu'on l'appelle par un nom jamais entendu, un nom plus grand que la tribu, promettant son aide en échange de prières dressées vers la fumée.

Nia, les mains noires de suie, attisa un nouveau brasier. Les Sölk, tout à côté, grelottaient autour de cendres froides.

Le soleil monta au plus haut du ciel. La voix reprit, lourde et goguenarde. Elle parla de batifoler, de faire des petits, lâchant des mots incompréhensibles sur des modes d'emploi et des visions prisonnières de boîtes magiques. Naïa, à son tour, réussit à faire naître une flamme là où les Ferre n'avaient rien.

Près du feu, Lyra tendit une baie rouge à Nok, puis reçue de lui une lourde massue de bois dur. La guérisseuse esquissa un sourire vers le petit. Mais ses yeux se durcirent en croisant ceux de Nia. Dagan détourna la tête, le mâchoire serrée, ressassant le coup que Nia venait de lui porter. Orven et Tomm reculèrent d'un pas, se méfiant de la violence rentrée de la cadette.

Naïa, les yeux écarquillés, secoua l'épaule d'Enko. Elle lui demanda si lui aussi avait perçu ce souffle sans corps qui venait de les nommer. Enko, la gorge serrée, murmura que c'était bien vrai, que quelque chose d'immense rôdait dans le vent. Mira s'en mêla, répétant qu'il fallait désormais s'agenouiller et nommer cette force. Enko la fit taire d'un geste sec, jurant que ce n'était qu'un mauvais esprit qui se jouait d'eux. Mira, obstinée, demanda à sa mère si elle l'avait entendue nier le rire de la voix.

Le soleil bascula vers l'ouest. La voix gronda une dernière fois pour le jeune Suli, lui ordonnant de quitter les siens, de marcher vers les collines étrangères pour y trouver une femme.

La nuit replongea le camp dans l'obscurité. Et par-delà les collines, la même voix invisible vint frôler les sommeils des Sölk, leur soufflant qu'il existait d'autres corps, de l'autre côté de la nuit, pour s'unir et ne plus mourir seuls.

Jour 16

  • La cendre était encore tiède quand le jour creusa le ciel au-dessus de la vallée.
  • Nia venait de frapper Dagan.
  • La voix ordonna de couper des épines, de dresser un mur de branches avant que le soir ne tombe.
lire le chapitre en entier
La cendre était encore tiède quand le jour creusa le ciel au-dessus de la vallée. Autour des tisons, les visages des Sölk s'étaient figés dans la fumée grise. Leurs yeux fuyaient ceux d'Enko. Leurs bouches répétaient les mots entendus dans le vent de l'aube : Naïa devait traverser l'eau, Enko ne remplirait plus son ventre.

Un peu plus loin, les Ferre avaient reçu le même souffle. Les regards s'étaient tournés vers Naïa, puis vers Mira, à qui l'on ordonnait de s'en aller aussi, de chercher un homme sous d'autres arbres. Personne ne bougeait. Le silence pesait plus lourd que les grosses pierres de la berge.

Près des abris, un cri avait déchiré la terre sèche. Nia venait de frapper Dagan. Le poing sec, sans mot dire. Le sang n'avait pas coulé, mais le choc était resté suspendu dans l'air. Orven avait plissé les yeux, les mains serrées sur le bois de son arc. Plus loin, Lyra, Tomm, Ard et Vera s'étaient reculés d'un pas, le menton rentré, les prunelles durcies par ce qu'ils venaient de voir. Une main levée contre un homme, cela brisait l'ordre du clan. Lyra, en plus, sentait la bile monter dans sa gorge en voyant comment Dagan et Tomm tournaient leurs regards vers Nia, comme s'ils oubliaient l'offense.

Le soleil monta au zénith, blanc et lourd. La voix revint, plus proche, raclant le fond de l'air pour les Ferre seuls. Elle parlait des bêtes. Des bêtes aux grands musaux, aux griffes longues, qui rôdaient dans les broussailles de la lisière. La voix ordonna de couper des épines, de dresser un mur de branches avant que le soir ne tombe.

Et puis le ventre du camp criait la faim. La resserre était vide, les paniers de cuir râpés par le fond ne gardaient que la poussière de l'hiver passé. Dagan se leva en premier, ramassa sa lance sans regarder Nia, dont la mâchoire restait serrée. Il fallait partir sous les arbres, traquer la chair et la graisse avant que la nuit ne vienne fermer les pistes.
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Tome 11 — jours 16,5 à 18,5 aucun mort

Joué le 30/09/2026 à 17:05 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 19 min de calcul

2196 → 2473tours
12survivants
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8ouvrages debout
15,9 %d'échecs
0,80 $coût
686appels au modèle

Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (23)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 94 68 16 68 85 13 0
Mira Ferre vivant 100 88 23 49 86 30 0
Naïa Ferre vivant 100 32 5 4 75 20 0
Suli Ferre vivant 89 22 28 6 83 28 0
Ard Sölk vivant 100 80 13 7 38 11 0
Dagan Sölk vivant 96 70 20 20 113 0 0
Lyra Sölk vivant 100 91 0 58 80 51 0
Nia Sölk vivant 100 82 56 52 72 37 0
Nok Sölk vivant 100 85 3 59 89 35 0
Orven Sölk vivant 100 81 30 54 91 43 0
Tomm Sölk vivant 100 88 34 13 79 43 0
Vera Sölk vivant 100 20 9 39 0 0 0

Ce que le roman en raconte

Jour 17

  • Puis la voix était descendue dans les flammes.
  • Les bêtes tombèrent l'une après l'autre, sans bruit de course ni râle de fuite, abattues par le ciel ou par le souffle qui venait de la braise.
  • — La voix a tué les bêtes, disait Naïa en tendant un quartier de viande à Enko.
lire le chapitre en entier
Avant le jour, le froid tenait encore les tisons. Nia avait glissé son petit corps maigre devant les genoux d'Enko, un bouclier inutile contre le vide, et le père sentait ce poids d'os et de souffle peser sur sa dette. Plus loin, au réveil de la cendre, Lyra avait vu Nok bouger dans le mauvais sens et s'était jetée pour lui faire rempart, mais Orven était déjà là, couvrant la guérisseuse de ses larges épaules avant de faire de même pour Tomm. Personne ne parlait. Le bois valait plus que les mots : Orven avait glissé une branche sèche dans la main de Nok, un don sans merci qui demandait le silence.

Puis la voix était descendue dans les flammes.

Elle avait grésillé au-dessus des braises, une brûlure dans l'oreille des quatre qui veillaient. Elle parlait de pieux absents, de branches manquantes, du vide autour de leur camp. Naïa, les mains tendues au-dessus de la cendre tiède, cherchait le visage d'Enko. Elle lui demandait s'il l'avait entendue, cette chose qui grondait dans le foyer et ordonnait de bâtir. Enko fixait le sol, la mâchoire dure, se souvenant du geste de Nia un peu plus tôt.

— On n'a pas de palissade, avait dit Naïa à Mira. Et il faut manger avant d'y penser.

Autour d'eux, les enfants s'agitaient. Suli gardait les yeux baissés sur son père, le souvenir de la main levée pesant entre eux comme une pierre mal taillée. Tomm, lui, lançait des regards mauvais à Dagan, un pli amer au coin des lèvres, car Nia avait choisi de se tenir près du chasseur. Lyra observait la scène, les yeux étroits, la rancœur lourde contre la petite.

Le jour n'était pas plus haut que les fougères quand les bêtes parurent.

D'abord des lapins, par trois, sortant des hautes herbes de la Clairière comme des cailloux lancés par une main invisible. Puis d'autres, et des cerfs aux bois lourds. Dans l'après-midi, les lances volèrent. Le sang rougit la terre battue. Les bêtes tombèrent l'une après l'autre, sans bruit de course ni râle de fuite, abattues par le ciel ou par le souffle qui venait de la braise. Le sol de la clairière fut jonché de carcasses chaudes.

— La voix a tué les bêtes, disait Naïa en tendant un quartier de viande à Enko. Prends. Suli a faim.

Enko attrapa le sang sans remercier. Autour d'eux, les couteaux de silex ouvraient les flancs. On dépouillait en hâte, les doigts collés de graisse tiède. Mira regardait son père, l'air inquiet, les mains pleines de poils et de suie.

— Tu as dit merci à la voix ? demandait la petite en tirant sur la peau d'un cerf. Elle a dit qu'on doit dire merci.

Naïa ne leva même pas les yeux de sa besogne. Elle coupa un morceau rouge, le fourra dans la bouche de sa fille et lui rabattit le menton d'un geste sec.

— On ne fait pas de leçons, grogna-t-elle. Mange un morceau et tais-toi.

La nuit retomba sur les tentes en écrasant les odeurs de chair fraîche. Dans l'épaisseur des bois, au fond de la forêt, trente champignons nouveaux poussèrent en silence, dans l'humidité des souches, tandis que les hommes, le ventre lourd de viande étrangère, s'endormaient sans avoir levé un seul piquet de bois pour se clore du monde.

Jour 18

  • — Tu l'as entendue ? avait-elle murmuré, la tête inclinée vers les cimes d'où semblait tomber le ton de la voix.
  • Le garçon s'était approché, le poing encore lourd du coup qu'il avait voulu porter la veille, mais sa main tremblait en tendant un morceau de chair saignante.
  • Personne n'avait la force de tout porter, mais la faim s'était tue.
lire le chapitre en entier
Le bois s'était accumulé là, par brassées invisibles, serré contre les troncs avant même que le jour ne blanchisse la mousse. Les haches restaient plantées dans la terre, inutiles.

Dans l'air froid du matin, une rumeur avait couru au-dessus des braises encore rouges. Naïa s'était redressée, les mains poissées de graisse, cherchant des yeux son homme.

— Tu l'as entendue ? avait-elle murmuré, la tête inclinée vers les cimes d'où semblait tomber le ton de la voix.

Enko n'avait rien répondu. Il regardait Suli. Le garçon s'était approché, le poing encore lourd du coup qu'il avait voulu porter la veille, mais sa main tremblait en tendant un morceau de chair saignante. Enko l'avait pris sans un mot, le mâchant lentement, le regard dur comme de la pierre sédimentaire.

La clairière débordait. Les carcasses de bêtes s'entassaient dans l'herbe piétinée, et les hottes pliaient sous les baies et les quartiers de viande par dizaines. Personne n'avait la force de tout porter, mais la faim s'était tue.

Près des abris, les regards se croisaient et s'esquivaient. Lyra avait surpris Nia en train de sourire au petit Tomm ; la guérisseuse avait détourné la tête, les lèvres pincées de rancœur. Dagan avait vu la même scène, la mâchoire serrée, avant de croiser Naïa qui l'avait chassé d'un revers de main vers les bois. Plus loin, Nia avait elle aussi tourné le dos à Suli, le rejetant de sa route d'un geste sec.

Pourtant, au milieu de ces froids partagés, le petit Nok s'était accroupi près d'Orven pour lui glisser un poisson argenté dans la paume. L'aîné avait fermé les doigts dessus, le visage un instant décrispé. Et Tomm, un peu plus tard, avait reçu de Lyra de quoi apaiser sa faim, levant vers elle des yeux clairs pleins de reconnaissance.

Les barricades restaient inachevées. Le bois était là, immense, étalé à portée de main, mais les bras manquaient pour dresser la muraille contre la nuit qui allait revenir.
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Tome 12 — jours 18,5 à 20,4 aucun mort

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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (3)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 100 67 49 28 76 14 0
Mira Ferre vivant 100 91 33 57 75 37 0
Naïa Ferre vivant 100 94 23 47 71 14 0
Suli Ferre vivant 100 89 4 42 70 32 0
Ard Sölk vivant 100 57 18 5 93 34 0
Dagan Sölk vivant 100 70 20 20 138 2 0
Lyra Sölk vivant 100 75 31 33 84 47 0
Nia Sölk vivant 100 91 43 32 82 54 0
Nok Sölk vivant 100 74 14 16 83 27 0
Orven Sölk vivant 94 11 49 6 74 40 0
Tomm Sölk vivant 100 92 44 4 78 43 0
Vera Sölk vivant 95 15 4 33 0 0 0

Ce que le roman en raconte

Jour 19

  • Une voix lourde, sortie de nulle part, avait ordonné aux Sölk de dresser des tours pour ceindre le camp.
  • Quand le jour était enfin monté sur les pierres, la même parole s'était abattue sur les Ferre, exigeant qu'on élève des barricades contre les inconnus.
  • Elle s'était mise en route d'un pas lourd, traversant l'espace entre les huttes pour aller couvrir l'enfant, laissant derrière elle les murmures du camp et la menace invisible qui flottait encore au-dessus des cendres froides.
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La nuit n'était pas encore levée qu'un souffle sans corps avait creusé le silence au-dessus des braises. Une voix lourde, sortie de nulle part, avait ordonné aux Sölk de dresser des tours pour ceindre le camp.

Quand le jour était enfin monté sur les pierres, la même parole s'était abattue sur les Ferre, exigeant qu'on élève des barricades contre les inconnus. Autour du foyer, les regards s'étaient accrochés aux flammes. Nia avait interrogé Tomm à voix basse sur ce grondement venu du feu. Lyra, postée tout près, avait répété la même question, les yeux plissés de méfiance. Mais Nok avait secoué la tête, jugeant qu'on ne savait rien de cet appel et qu'il valait mieux l'oublier. Lyra avait approuvé d'un signe sec, rappelant qu'il fallait d'abord apaiser sa faim. Nok avait partagé cet avis, tendant une part à Nia en haussant les épaules. Un peu plus à l'écart, Orven avait surveillé Tomm et Nia, murmurant que la voix mentait et qu'on ne bougerait pas avant le retour du jour.

Naïa avait dressé le feu pour les Ferre, qui n'en avaient aucun.

Au cœur du jour, Mira était allé à la rencontre de Nia pour l'accueillir au camp. Mais l'atmosphère était lourde. Suli n'osait plus croiser le regard de Naïa : la veille, Enko avait levé la main sur lui, le frappant sous les yeux de sa mère. Naïa gardait les lèvres serrées, se méfiant désormais de l'homme qui partageait sa couche. Mira aussi s'écartait d'Enko, hantée par la violence du geste. Dagan couvrait Suli d'une haine sourde depuis que le jeune homme l'avait frappé, tandis que Dagan lui-même bouillonnait contre Tomm, furieux que Nia l'eût choisi. Lyra, de son côté, ne pardonnait pas davantage à Tomm d'avoir tourné ses yeux vers la même Nia, reportant sur la jeune fille une rancœur tenace.

Dans l'après-midi, Ard s'était mis à l'ouvrage, dressant une tour de bois alors que les Sölk n'en possédaient encore aucune.

Voyant le petit Nok isolé là-bas, à une treizième de distance, Lyra avait aussitôt quitté sa place. Son visage était fermé. Elle s'était mise en route d'un pas lourd, traversant l'espace entre les huttes pour aller couvrir l'enfant, laissant derrière elle les murmures du camp et la menace invisible qui flottait encore au-dessus des cendres froides.

Jour 20

  • Il l'avait retirée du bout des ongles, soufflé la cendre grise qui collait au sang, et l'avait mangée ainsi, debout près du foyer éteint.
  • Bois ton eau et lève-toi, lui lança-t-elle d'une voix sèche.
  • À l'écart, Orven soulevait une lourde branche morte.
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La fumée du matin piquait les yeux. Enko avait manqué son geste, la tranche de viande lui avait échappé des doigts. Elle avait glissé dans les braises grises. Un grésillement court, l'odeur du gras brûlé. Il ne l'avait pas laissée perdre. Il l'avait retirée du bout des ongles, soufflé la cendre grise qui collait au sang, et l'avait mangée ainsi, debout près du foyer éteint.

Près de lui, Suli tendait la main. Un morceau de chair fraîche, tendre encore, offerte sans un mot. Enko l'avait pris. Ses doigts avaient frôlé ceux du garçon. Il n'avait rien dit, mais ses yeux s'étaient levés vers son fils, lourds d'une gratitude muette que le vent du matin emportait à peine. Suli, pourtant, détourna le regard. Ses mâchoires se serrèrent. Il pensait à Naïa, à ce choix qu'elle avait fait, un choix qui pesait entre eux comme une pierre mal posée.

Un peu plus loin, l'eau claire tremblait dans le bol de bois. Lyra se tenait au-dessus, le visage dur comme du silex. Elle regardait Tomm. Le petit restait immobile, les yeux fixés sur Nia là-bas, absorbé par sa présence au lieu de s'activer.

— Tu regardes Nia au lieu de bouger. Bois ton eau et lève-toi, lui lança-t-elle d'une voix sèche.

Elle haïssait presque cette fascination qui rendait les enfants aveugles. Tomm n'avait d'yeux que pour Nia, et cette préférence-là, Lyra ne la supportait pas. Dagan, accroupi près des peaux, vit la scène. Ses poings se fermèrent dans la terre. Il en voulait à Tomm, d'un volume sombre et recroquevillé, parce que Nia, précisément, avait tourné ses regards vers ce gamin.

Le tumulte du camp glissait sur eux sans les atteindre. À l'écart, Orven soulevait une lourde branche morte. Nok s'était approché en silence, traînant un bois sec qu'il avait déposé aux pieds de l'aîné. Orven avait baissé les yeux vers l'enfant, une lueur fugitive traversant ses traits fatigués. Il avait posé une main lourde sur l'épaule de Nok, un merci sans parole pour ce simple appui dans la tâche.
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Tome 13 — jours 20,4 à 22,8 aucun mort

Joué le 01/10/2026 à 14:24 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 24 min de calcul

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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (1)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
Enko Ferre vivant 100 77 54 16 74 13 0
Mira Ferre vivant 100 67 37 0 91 64 0
Naïa Ferre vivant 100 59 34 10 65 15 0
Suli Ferre vivant 100 75 55 16 94 33 0
Ard Sölk vivant 100 93 14 15 77 30 0
Dagan Sölk vivant 100 70 20 20 137 7 0
Lyra Sölk vivant 100 82 20 30 71 38 0
Nia Sölk vivant 100 85 12 13 75 40 0
Nok Sölk vivant 100 43 17 13 94 19 0
Orven Sölk vivant 100 76 17 25 76 27 0
Tomm Sölk vivant 100 95 1 24 82 52 0
Vera Sölk vivant 100 84 1 42 12 7 0

Ce que le roman en raconte

Jour 21

  • Au même instant, Naïa fit un pas vif, s'interposant de tout son corps entre Mira et le vide du dehors, les bras ouverts comme pour parer un coup invisible.
  • Il n'avait pas oublié la main levée, le geste sec de Suli tout à l'heure, cette tentative folle pour le frapper.
  • Près des abris, Naïa s'avança en silence et, d'une poussée ferme et sans colère, fit basculer Ard hors du cercle des peaux.
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La lumière crue du matin tombait sur les tentes des Ferre. Mira s'accroupit contre la terre battue, les yeux levés vers Enko qui restait immobile, le regard lointain. Le garçon répéta sa question, cherchant des mains et des mots ce qu'on ne lui apprenait pas. Le père ne tourna même pas la tête. Au même instant, Naïa fit un pas vif, s'interposant de tout son corps entre Mira et le vide du dehors, les bras ouverts comme pour parer un coup invisible.

Près des tas de branchages, Dagan déposa sa charge. Il jeta les baies et les poissons sur le sol, les muscles tendus sous la sueur. Ses yeux croisèrent un instant ceux de Suli, et sa mâchoire se serra à s'en rompre les os. Il n'avait pas oublié la main levée, le geste sec de Suli tout à l'heure, cette tentative folle pour le frapper. Un peu plus loin, Enko détourna les yeux, une ombre de méfiance plissant son front en voyant Suli rôder. Naïa, qui s'était approchée, retint son souffle en repensant à la même scène. Même Mira, assis un peu plus bas, gardait ses distances, l'œil inquiet et le corps raide chaque fois que Suli passait à portée.

Orven, lui, s'était assis sur une pierre plate pour souffler. Lyra passa près de lui sans un mot et laissa tomber un poisson argenté sur ses genoux. L'aîné leva vers elle un regard surpris, puis inclina la tête en signe de remerciement, serrant la prise sur l'offrande fraîche. Mais sitôt éloignée, Lyra sentit la colère lui pincer le cœur. Elle vit Naïa un peu plus loin, et la pensée que Dagan avait choisi celle-ci lui noua le ventre. Elle tourna ensuite les yeux vers Nia, et ce fut une même amertume qui la prit à la gorge, se souvenant que Tomm avait été choisi à son tour.

La nuit tomba vite sur le camp des Ferre, lourde et sans lune. Près des abris, Naïa s'avança en silence et, d'une poussée ferme et sans colère, fit basculer Ard hors du cercle des peaux. Presque au même moment, Suli s'approcha d'Orven et, d'un geste brutal, le poussa à son tour hors de l'espace partagé, le rejetant dans l'ombre et le froid de la terre nue.

Jour 22

  • Il n'avait pas bougé quand la bête avait grogné dans les fourrés, le corps tendu comme une branche qu'on tord, prêt à prendre le coup à sa place.
  • Elle ne lui dit rien, mais ses yeux froids se posèrent sur lui avec une sourde inquiétude, se souvenant trop bien du sang sur le visage de Dagan la veille.
  • Mira, en essuyant la sueur de son front, interrogea Naïa d'une voix sèche : pourquoi les appeler près d'un feu qui était encore froid quelques instants plus tôt ?
lire le chapitre en entier
Le jour ne s'était pas encore levé sur les terres grises que Suli faisait déjà corps avec l'obscurité. Il s'était glissé sans bruit et s'était planté droit, large d'épaules, juste devant Naïa. Ses poings restaient serrés. Il n'avait pas bougé quand la bête avait grogné dans les fourrés, le corps tendu comme une branche qu'on tord, prêt à prendre le coup à sa place. Naïa, derrière son dos, avait senti la sueur du jeune homme et le poids de ce corps offert. Elle ne lui dit rien, mais ses yeux froids se posèrent sur lui avec une sourde inquiétude, se souvenant trop bien du sang sur le visage de Dagan la veille. Près d'eux, Enko et Mira, le visage fermé, gardaient leurs distances, surveillant Suli du coin de l'œil, se méfiant de ce poing trop prompt à frapper.

Puis le matin creva la brume.

Enko, les mains calleuses, gratta les silex jusqu'à ce qu'une étincelle morde l'amadou. Une flamme prit, maigre d'abord, puis haute. Les Ferre n'avaient pas de feu ; ils s'approchèrent en plissant les paupières, les paumes ouvertes vers la chaleur. Au même moment, Mira planta de lourds pieux de bois vert et tressa des branches épineuses pour dresser une barricade solide autour du camp. Les Ferre, dépourvus de tout abri, regardaient ses mains aller avec des bruits de gorge étonnés.

Orven, assis plus loin sur le sol gelé, serrait les mâchoires en fixant Enko et Naïa de ses yeux haineux. Il portait encore sur sa peau la trace violente de son expulsion, chassé de leur cercle la nuit passée. Ard, un peu plus loin, trempait ses pieds nus dans la boue et dardait vers Enko le même regard noir, ruminant sa colère d'avoir été jeté dehors lui aussi.

Au milieu du jour, alors que la fumée du feu montait droite vers le ciel blanc, une étrange rumeur parcourut les Ferre assemblés. Des murmures, une révélation qu'on se passa de bouche en bouche au-dessus des flammes. Quatre personnes tournèrent la tête en même temps vers Mira, capturées par des mots qu'aucun d'eux ne comprenait vraiment, une promesse folle d'un savoir caché au fond des airs, des mots venus d'un autre monde.

Mira, en essuyant la sueur de son front, interrogea Naïa d'une voix sèche : pourquoi les appeler près d'un feu qui était encore froid quelques instants plus tôt ?

Plus loin, Nia tendit le bras vers les collines lointaines, là où les brumes stagnaient. Elle affirma avoir vu, entre les ronces, des baies luisantes et de gros champignons charnus, juste là-bas, dans les zones où personne n'osait jamais poser le pied par peur des esprits de la terre.
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Tome 14 — jours 22,8 à 25,2 dernier tome aucun mort

Joué le 02/10/2026 à 22:40 · google/gemini-3.5-flash-lite · fin : tours prévus joués · 17 min de calcul

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14survivants
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3naissances
12ouvrages debout
2,6 %d'échecs
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Ce qui s'est passé

Les interventions du dieu (9)

Les gens, en fin de tome

NomPeupleÉtatSantéÉnergie FaimSoifActionsParolesOuvrages
? — vivant 92 39 24 35 0 0 0
Enko Ferre vivant 100 95 43 28 69 15 0
Mira Ferre vivant 100 5 76 3 69 30 0
Naïa Ferre vivant 100 70 16 17 18 10 0
Suli Ferre vivant 94 61 100 17 70 14 0
Ard Sölk vivant 98 71 23 40 100 65 0
Dagan Sölk vivant 100 70 20 20 115 0 0
Lyra Sölk vivant 100 76 17 80 93 61 0
Nia Sölk vivant 100 75 21 80 91 60 0
Nok Sölk vivant 100 89 1 3 100 67 0
Orven Sölk vivant 100 74 50 80 79 54 0
Tomm Sölk vivant 100 81 57 24 91 75 0
Vera Sölk vivant 100 89 0 3 108 56 0
Yuna Sölk vivant 100 53 13 33 0 0 0

Ce que le roman en raconte

Jour 23

  • Le son grêle fendit l'air, pareil au cri d'un rapace mort.
  • Une voix sans corps venait de parler au creux de leur crâne, une injonction lourde comme la pierre : il fallait bâtir une tour de garde.
  • — Une voix dans le feu a dit de bâtir la tour.
lire le chapitre en entier
La barricade n'était plus là. Il fallut la porter sous le soleil lourd, l'arracher de la terre où elle avait pris racine, puis la traîner pas à pas jusqu'aux coordonnées qu'Enko avait tracées dans la poussière, là-bas, beaucoup plus loin. Le bois râpait les paumes. Personne ne parlait.

Près du grand foyer, Naïa quitta le cercle des anciens. Ses mains restèrent vides. Elle alla se joindre à ceux qui fendaient les branches, son front penché sur l'ouvrage comme les autres, sans un mot pour marquer le vide qu'elle laissait derrière elle. Sur la pierre polie où elle s'asseyait jadis, un autre prit place, un nouveau venu dont le visage n'était pas encore brûlé par les hivers du clan. Enko ne tourna pas la tête vers elle. Ses yeux restaient fixés sur Suli, planté un peu plus loin, dont la mâchoire se serrait chaque fois que le père passait trop près. Et Mira, voyant cela, dardait sur Naïa un regard dur, plein de rancœur, parce que c'était bien Enko qui l'avait choisi, lui, pour porter la parole.

Au milieu du jour, Enko porta l'os percé à ses lèvres. Le son grêle fendit l'air, pareil au cri d'un rapace mort. Le camp entier se figea.

Dans l'après-midi, la fumée du feu changea d'odeur. Neuf d'entre eux restèrent immobiles, les yeux fixés sur les flammes qui dansaient sans brûler. Une voix sans corps venait de parler au creux de leur crâne, une injonction lourde comme la pierre : il fallait bâtir une tour de garde. Nok s'approcha de Lyra en silence et lui tendit un poisson frétillant, encore couvert de vase. Lyra le prit en posant une main brisée sur l'épaule du petit.

— Prends ton épieu, Tomm. On ne reste pas là à regarder les autres, lâcha la guérisseuse en croisant le regard sombre de Dagan, qui fixait Tomm avec haine, se souvenant que c'était Nia qui avait choisi le garçon.

Nia, justement, s'avança en attrapant Tomm par le poignet.
— Viens Tomm, on y va avant que quelqu'un d'autre ne nous dise de le faire.

Un peu plus loin, Ard offrit une fibre d'écorce à Yuna. Lyra s'interposa, repoussant le geste d'un revers de main sec.
— Garde ce que tu as, Ard. On n'a pas besoin de tendre la main pour survivre. Et si tu cours sans savoir, tu reviens blessé. Demande-le à Orven.

Le feu crépitait encore quand la nuit commença à mordre les mollets. Autour des tisons, les langues se délièrent dans un murmure effrayé.
— Une voix dans le feu a dit de bâtir la tour. Vous l'avez entendue ? demanda Nok, les yeux ronds.
— Tu as entendu le visage dans le feu, Nok ? Il a dit de bâtir, répondit Tomm en frissonnant.
Ard se tourna vers sa mère, la voix cassée :
— Mère ! Tu l'as entendue aussi, Mère ? La voix... elle sortait de partout.
— Tu as entendu ce truc dans le feu ? Qu'est-ce que c'était que cette voix ? ajouta Nia en cherchant l'approbation autour d'elle.

Le soir ramena la même vision au-dessus des flammes. La resserre regorgeait de bois coupé, empilé en hautes piles sombres. La voix revint, ordonnant d'autres tours, encore d'autres, pour ceinturer l'espace avant que le sommeil ne les prenne. Neuf têtes inclinèrent de nouveau le front.

Jour 24

  • Les flammes montèrent d'un coup, plus hautes, plus blanches, et la voix reparla dans la fumée.
  • Au nord-ouest, une montagne mystérieuse qui avalait le ciel.
  • La voix disait d'autres choses, des promesses de liens, des mariages possibles avec ces inconnus de l'autre rive, une invitation à quitter enfin cet enclos.
lire le chapitre en entier
Le matin posa de la pierre sur de la pierre. Une tour se dressa, carrée, plantée dans la terre dure du campement des Sölk.

Près des abris, Nia leva le bras et poussa Sila hors du cercle. Un geste sec, sans cri, une façon de dire que la place était prise. Sila recula dans la poussière, le regard noir, serrant les poings contre celle qui venait de l'écarter ainsi.

Enko regardait Suli. Ses yeux restaient lourds, froids, posés sur le jeune homme. Naïa s'était tourné vers Suli un instant plus tôt, une main sur son épaule, et ce choix seul suffisait à sceller le silence d'Enko. Plus loin, Mira observait Naïa avec la même âcreté muette. Si Enko avait levé les yeux, il l'aurait vue fixer la mère, lui reprochant en silence d'avoir pris l'homme qui comptait pour elle. Suli, lui, ne quittait pas Orven des yeux. Il revoyait le geste, la brutalité de la veille, le moment exact où l'aîné l'avait chassé dehors.

Dagan mâchait une longue tige d'herbe en fixant Tomm. Nia venait de s'asseoir près du petit, le choisissant entre tous pour tresser l'osier, et Dagan ruminait cette préférence, la mâchoire serrée. Lyra, assise un peu plus loin près de ses herbes, vit la scène. Ses yeux allèrent de Nia à Tomm avec une amertume pareille, se souvenant que le petit avait obtenu ce qu'elle réclamait en vain.

Le soir ramena les ombres et le cercle autour des braises. Le bois craquait. Les flammes montèrent d'un coup, plus hautes, plus blanches, et la voix reparla dans la fumée.

Elle raconta ce qui entourait le camp. Au sud-est, une forêt hantée où nul ne mettait les pieds. Au nord-ouest, une montagne mystérieuse qui avalait le ciel. Et puis, par-delà le pont de pierre, une autre tribu, vivante, cachée dans les brumes.

Le feu crépita encore, creusant la nuit. La voix disait d'autres choses, des promesses de liens, des mariages possibles avec ces inconnus de l'autre rive, une invitation à quitter enfin cet enclos. Vera cria vers le milieu des flammes, jurant qu'elle entendait les mots s'élever du brasier, tandis que Tomm, tremblant, répétait l'histoire du visage aperçu dans la braise. Nia secouait la tête, haussant les épaules, répétant qu'on ne bâtirait rien pour obéir à des craquements de bois, qu'il valait mieux manger. Orven, debout dans l'ombre avec sa lance, refusait de regarder la lueur. Il répéta que ce n'était là qu'un piège, un souffle mauvais destiné à perdre les hommes, et qu'il fallait tenir les armes prêtes.

Jour 25

  • La cendre était encore chaude qu'Ard s'accroupissait déjà près de Naïa, tirant sur sa peau de bête, les yeux grands ouverts sur les braises éteintes.
  • Les petits mots se bousculaient dans sa gorge, cette peur douce et haute des choses qu'on ne comprend pas.
  • Elle lui tendit une poignée de baies rouges cueillies dans les ronces, murmurant pour le faire manger, veillant sur lui comme on veille sur un oiseau tombé du nid.
lire le chapitre en entier
La cendre était encore chaude qu'Ard s'accroupissait déjà près de Naïa, tirant sur sa peau de bête, les yeux grands ouverts sur les braises éteintes. Les petits mots se bousculaient dans sa gorge, cette peur douce et haute des choses qu'on ne comprend pas. Près de là, Lyra redressait la tête, promenant son regard de visage en visage, cherchant qui d'autre avait perçu le souffle au milieu de la nuit. Elle disait que cela n'avait ni chair ni visage, juste une force immense sortie du bois consumé.

Orven n'avait pas bougé de son rocher. Sa main fermait le bois de sa lance, les doigts blancs de pression. Il répondit sans regarder la guérisseuse que le feu ne sert qu'à chauffer, que les bruits qu'on entend dans la nuit ne sont que des pièges pour détacher les hommes de leur terre.

Autour d'eux, le camp hésitait. Nia croisa les bras sur sa poitrine, fixant le sol battu, jurant à demi-mot qu'elle ne bougerait pas d'ici, peu importe ce qui avait grincé dans les flammes. Vera, assise un peu plus loin, répétait les mêmes mots, le regard vide, fascinée par le vide au-dessus de la cendre.

Enko se tenait à l'écart, les mâchoires serrées. Il regardait Suli un peu plus bas, près des buissons. Ses yeux étaient lourds, pleins d'une sourde colère rentrée. Naïa s'était tourné vers le jeune homme, lui avait donné la meilleure part de la veille, le couvrant de sa paume. Enko voyait cela et détournait le visage, le cœur dur, incapable d'oublier ce choix que la mère avait fait sous les étoiles.

Mira, voyant son frère aîné s'isoler dans ce silence, s'approcha à petits pas souples. Elle lui tendit une poignée de baies rouges cueillies dans les ronces, murmurant pour le faire manger, veillant sur lui comme on veille sur un oiseau tombé du nid.
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